L’entreprise libérée, un miroir aux alouettes Interview de Bernard Radon dans HR Today

“Une interview parue dans la revue professionnelle HRToday fait le point de 15 ans de ma pratique professionnelle. Le style directif a été remis en question depuis les années 1960 et le grand mouvement psychosocial. On veut faire du manager le gendre idéal. C’est une guerre permanente. Malgré cela, le pouvoir et l’autorité restent deux ingrédients indispensables du management. Il faut bien, d’une manière ou d’une autre, imposer aux gens d’arriver à l’heure, de partir à l’heure et de produire un certain nombre de biens qui soient dans le domaine de l’excellence. Alors, libérer quoi ? Les alouettes prises dans les filets.” – Bernard Radon, enseignant en Stratégie organisationnelle à l’IMSG et coach de managers.

Pourquoi le tabac rend-il les jeunes « accros » ? Le marketing à lépreuve des rites et symboles Un article du Prof. Dr. Richard Delaye

Le tabac est bien plus qu’un bien de consommation, il peut même nous apprendre beaucoup sur nos sociétés occidentales, auxquelles il est intimement lié. En effet, comme le rappelle Torben Bechmann, le tabac est introduit à la fin du 15e siècle en Europe. Il fait suite aux expéditions outre-Atlantique, et sert initialement de remède à des fins thérapeutiques. On le retrouve ensuite durant les grandes guerres, durant lesquelles le tabac est distribué aux militaires sous forme de cigarettes pour leur remonter le moral.

Mais l’adepte de la cigarette n’est pas le même que celui qui fume la pipe et encore moins celui qui affectionne le cigare. Ce marquage social est mis en évidence dans une étude française qui démontre le lien entre le fait d’être fumeur (de cigarettes) et la catégorie socioprofessionnelle.

En effet, le nombre de fumeurs augmente significativement chez les personnes à bas revenus et diminue chez ceux dont le revenu est considéré comme « supérieur », avec toute la relativité qu’il convient d’y apporter. Autre facteur social de taille, la structure familiale, qui joue un rôle prédominant dans la consommation.

Il semblerait que le comportement tabagique des adolescents soit influencé par les conflits intrafamiliaux, le manque d’accompagnement, et une plus grande négligence vis-à-vis des adolescents. Fumer est de ce fait un marqueur social indéniable et une source d’inégalité sociale supplémentaire.

Entre addiction et dépendance

La dimension psychoactive du tabac, en particulier chez les jeunes, ne doit pas être occultée. Elle se manifeste par de fortes addictions ou dépendances, des « actions qui reposent sur une envie répétée et irrépressible, dont même les efforts et la motivation du sujet ne lui permettent pas de s’en soustraire », accompagnées d’un phénomène de manque dès lors que le sujet est privé de ce besoin.

Rapidement, on observe chez ce dernier des signes physiques et psychiques tels qu’une augmentation des doses pour obtenir un effet similaire, un temps de plus en plus important pour la recherche des cigarettes, une consommation qui se poursuit, voire augmente, malgré la prise de conscience des conséquences sur la santé.

Même si dépendance trouve pour synonyme addiction comportementale, dans le cas du tabac, il convient de parler davantage de dépendance. Les deux notions sont intimement liées et la confusion qui règne est fort intéressante car, comme le souligne le psychologue clinicien Guillaume Poupard :

« Le terme « addiction » (ad-diciere : « dire à », au sens d’attribuer quelqu’un à une autre personne) est un vieux terme français provenant du latin qui désignait, en droit, la contrainte par le corps de celui qui, ne pouvant s’acquitter de sa dette, était mis à la disposition du plaignant par le juge. »

Ils étaient donc, à ce titre, privés de liberté.

Chez les Romains ou à l’époque du Moyen-Âge, on pouvait ainsi se retrouver adonné ou addicté à un créancier dont on n’était pas en mesure d’honorer les créances. Dans le premier cas, réduit à l’esclavage afin de régler ses dettes, dans le second cas c’est par un tribunal que le remboursement par le travail était ordonné.

Chez nos voisins anglais, l’addiction peut aussi revêtir une forme de soumission, celle du jeune apprenti à son maître par exemple. Étymologiquement, nous nous retrouvons bien face à une privation d’indépendance, à une confiscation de la liberté et à la soumission, des termes forts qu’il faut bien entendre pour comprendre la complexité de la place que tient le tabac dans nos sociétés.

Tabac et construction de l’identité

L’adolescence est une étape de transition indéniable où le jeune est confronté à une véritable dualité avec une quête d’identité propre (individualisme) et une recherche d’intégration sociale (collectif). En même temps que son corps change, l’adolescent va chercher à faire évoluer son propre système de valeurs en tentant de « se mettre en conformité » avec une normalité supposée. Mais cette période de la vie est également synonyme de fragilités avec des stress, de l’ennui, des pressions sociales du groupe, qui viennent, avec la curiosité, l’image de soi et la naissance de l’esprit de rébellion, quelque peu déstabiliser le jeune dans sa construction identitaire. Ces éléments sont, du reste, reconnus comme étant les principaux facteurs d’initiation au tabac. La cigarette et l’ensemble de rites qui l’entoure, permet à certains de lutter contre leurs angoisses car ils y trouvent une forme de relaxation et de réconfort face au stress et aux pressions sociales.

La structure familiale, les relations avec les parents, les facteurs psychosociaux et génétiques tout comme le tempérament, jouent un rôle non négligeable dans l’acte de fumer de l’adolescent. On observe, par exemple, une expérimentation du tabac plus précoce dans les milieux défavorisés (bas niveau socio-économique). Le statut matrimonial (divorce, monoparental, conflits…) tout comme la perception de l’adulte par l’adolescent (parent, professeur fumant) peuvent avoir également un impact significatif sur les comportements tabagiques de l’adolescent.

A ce titre, il convient de considérer la cigarette comme étant un élément significatif de l’habitus.

Fumer semble apparaître chez l’adolescent à la fois comme un facteur d’intégration au groupe des pairs et comme une tentative d’inscription dans le monde des adultes. Ainsi, la première cigarette doit être assimilée à un rite de passage à part entière. Or, un rite de passage a pour caractéristique de transformer celui qui le vit. Dans le cas présent, le non-fumeur devient fumeur et intègre la communauté des fumeurs rassemblée autour de la cigarette, qui prend donc toute la hauteur du symbole.

On peut comprendre aisément que de modifier les comportements du fumeur s’avère être une opération longue et compliquée tant elle fait appel aussi bien à l’environnement qu’à des facteurs psychosociologiques complexes.

La cigarette liée au(x) genre(s) ?

Les différences entre les filles et les garçons s’expliquent sans doute par le contexte socioculturel.

Ainsi, le pédopsychiatre Daniel Bailly décrit clairement que lorsque les premières fument, elles sont jugées extraverties, sûres d’elles, rebelles et socialement « habiles », alors que pour la gent masculine, la consommation de tabac implique des sujets socialement « insécures ».

« Dans le même ordre d’idée, des études récentes soulignent le lien, chez les filles, entre comportement alimentaire (régimes, préoccupations centrées sur le poids et les formes corporelles) et consommation de tabac. »

Fumer, entre plaisir et symbolisme

Les industries du tabac sont à l’origine d’une érotisation du tabac (voir la campagne Tipalet), afin de conjuguer tabac et plaisir sexuel. Cette pratique utilise la capnolagnie, une forme de fétichisme de la cigarette qui est alimentée par l’image renvoyée par un individu en train de fumer.

Ainsi, l’aspect glamour d’une femme qui fume, la stimulation de ses lèvres qui peuvent rappeler une fellation, tout comme la cigarette elle-même, qui par sa forme, peut faire référence à un phallus, sont des symboles féminins et masculins, qui se sont vus renforcés par les guerres et le cinéma d’après-guerre. En stimulant indirectement nos fantasmes, ils ont une conséquence subconsciente sur notre libido et donc directement sur l’impulsion d’achat. Du reste, sur le plan neurochimique, les addictologues s’accordent sur le plaisir qui est généré par l’absorption du tabac (tout comme celle de l’alcool et de la cocaïne).

En augmentant le taux de dopamine présent dans le cerveau, et plus précisément dans le faisceau médian du télencéphale, elle stimule le « circuit de la récompense », un mécanisme qui mobilise d’autres centres, qui participent, chacun à leur manière, à la réponse comportementale. Une expression qui revient souvent chez les fumeurs est « c’est un plaisir de fumer une cigarette ». À partir du moment où le circuit est déréglé, la dépendance s’installe et la nécessité d’une nouvelle dose s’impose.

Internet, comme nouveau canal marketing

Dans la mesure où le paquet (en remplissant des fonctions de communication et de différentiation avec ses couleurs, sa forme et son logo) est amené à être harmonisé et quasiment anonymisé, il est fort probable que l’industrie du tabac redouble de ruses pour atteindre les jeunes, qui sont une cible privilégiée.

De nouveaux canaux marketing se développent insidieusement. Les smartphones sont de véritables « prolongements » de nos adolescents et Internet et les réseaux sociaux régulent, pour partie, leur vie. Une récente étude sur les addictions en Suisse montre que les jeunes de 15 à 19 ans utilisent ce support dans leur vie privée en moyenne deux heures et demie par jour durant la semaine, et plus de trois heures par jour le week-end.

L’exposition à Internet est quasi-permanente et son encadrement est difficile à assurer car, même si des « filtres » sont mis en place dans les établissements scolaires, les élèves et étudiants peuvent sans difficulté contourner cette contrainte d’accès avec leurs propres abonnements.

De ce fait, outre les publicités, ils peuvent ainsi télécharger plus de 100 applications faisant la promotion du tabac. Par ailleurs, dans la mesure où les addictions ont tendance à se renforcer mutuellement, la dangerosité de l’association n’en est que plus accrue.

Comment l’industrie du tabac manipule

Quand on sait que 59 % des gérants des points de vente dits « physiques » suisses interrogés reçoivent régulièrement la visite de représentants de l’industrie du tabac, on comprend alors que les cigarettiers ont très vite intégré l’enjeu de sensibiliser des jeunes encore fragiles. Ils proposent ainsi diverses promotions visant à mixer « habilement » les produits (tabac, journaux, confiserie, jeux de hasard, etc.), et le résultat ne peut être que payant.

En effet, il est prouvé que les jeunes exposés à des publicités de tabac alors qu’ils viennent acheter des sucreries sont influencés positivement, et que leur initiation au tabagisme n’en est que plus précoce que chez les autres (pas ou peu exposés). L’explication en est assez simple : les présences de ces publicités sur le lieu de vente banaliseraient et normaliseraient les produits du tabac, et, par conséquent, réduiraient leur dangerosité perçue (au même titre que les films avec fumeur ont tendance à dégager des valeurs positives au tabac et à prédisposer les adolescents à fumer).

En mesurant précisément, à l’aide de moyens techniques de dernière génération (eye tracking), l’impact des « produits du tabac » sur les adolescents et les jeunes adultes lors d’une visite dans un point de vente, on peut comprendre comment, physiquement, les jeunes sont interpellés (consciemment ou inconsciemment) par des images, des logos, ou des couleurs.

La très sérieuse revue internationale Tabacco Control, a publié un article, dans lequel il a été démontré que la promotion sur les lieux de vente (qu’il s’agisse de la publicité comme des rabais ou cadeaux) a un effet radical sur les enfants et les adolescents. La probabilité qu’ils essaient de fumer un jour est de 60 % plus grande que chez ceux qui ne sont pas exposés aux dites promotions ; quant à celle de fumer à l’âge adulte, elle augmente de 30 %.

Une véritable « bombe à retardement » quand on sait que le tabac tue plus de 9 000 personnes en Suisse, et 1 personne sur 10 dans le monde. Cela nous permet ainsi de prendre conscience, en qualité d’adultes, des risques auxquels sont exposés nos enfants et adolescents, même à l’occasion d’un acte aussi banal et anodin que celui de l’achat d’un bonbon.

Cette approche anthropologique a donné lieu à l’introduction d’une étude menée par le Dr. Julien Intartaglia (Haute École de Gestion de Neuchâtel) pour le compte du Cipret (Switzerland).

Executive Education: le grand boom des boosters de carrière

Un article du Dr. Richard Delaye-Habermacher, Directeur pédagogique de l’International Management School Geneva, publié dans le journal HR Today.

Qui n’a jamais entendu parler du MBA, ce formidable booster de carrière, proposé à l’origine par l’Université de Harvard qui le créa en 1908 et qui est désormais proposé par bon nombre de Business Schools et universités dans le monde entier?

Dans sa forme initiale du «full-time», il s’agit d’une formation généraliste essentiellement destinée aux scientifiques tels que les médecins, pharmaciens et ingénieurs en recherche d’un «vernis managérial» avant une prise de poste d’encadrement. En effet, leurs cursus universitaires étant essentiellement focalisés sur l’acquisition de compétences techniques, celles liées à la gestion, au management, aux ressources humaines, au marketing, au droit et à la stratégie ont trop souvent été superficiellement abordées, car elles ne font pas partie du «socle de compétences» de leur métier. Une «double compétence» de technicien et de gestionnaire devient donc incontournable pour la prise de responsabilités, d’où l’engouement pour les MBA ces dernières décennies.

Une version «Executive» du MBA – (EMBA) – apparaît en 1943 à l’Université de Chicago. Elle a pour cible les séniors, cadres supérieurs ou dirigeants, bénéficiant d’une expérience professionnelle significative de 8 à 15 ans et qui souhaitent, soit intégrer un Comité de direction, soit se réorienter (volontairement ou involontairement parfois), soit débuter une seconde vie professionnelle en qualité de consultant en capitalisant sur leur expérience et leur expertise accumulées durant la période précédant l’entrée dans le cursus. Ces dernières, ainsi que la position hiérarchique occupée, demeurent un atout considérable pour pouvoir avoir la chance d’être accepté dans ces formations de haut niveau où chacun vient apporter «sa pierre à l’édifice». Mais chacun doit pouvoir également y trouver une source de création de valeur, un retour sur investissement, un ROI formation en quelque sorte.

Le EMBA, une mise à niveau et un co-investissement

Un mauvais recrutement a pour risque la création d’un déséquilibre dans les échanges, et pourrait donc être fatal pour un programme dont les coûts peuvent atteindre les CHF 120 000 dans des établissements les plus prestigieux comme la London Business School, l’ESCP Europe, l’IMD – Lausanne et HEC – Paris pour ne citer que les «européennes». Mais ce prix est souvent justifié compte tenu des professeurs et des moyens mis à disposition des étudiants. Par ailleurs, «ces diplômes garantissent de belles progressions de salaire dans les trois années» précise Christine Piédalu et les frais d’écolage sont très souvent «négociés» (totalement ou partiellement) avec la DRH constituant, dans certains cas, un réel contrat moral entre l’entreprise et le salarié. Ce dernier peut en effet être amené à signer une clause lui demandant de rester dans l’entreprise pour quelques années en échange de la prise en charge financière qui ne se limite pas aux seuls coûts pédagogiques facturés par l’établissement. Il faut également intégrer les dépenses liées à la restauration, à l’hébergement et aux transports (souvent des voyages d’études à l’étranger au sein d’universités partenaires), sans oublier le coût du salarié qui pourra être absent une ou deux journées par semaine, selon le rythme du «part-time» choisi.

En contrepartie, l’investissement du salarié est conséquent car, pour aboutir à la soutenance/défense d’un mémoire ou d’un business plan qui pourra porter sur une problématique de son entreprise, les samedis sacrifiés pour la rédaction, les lectures, les études de cas à rendre et le rattrapage des dossiers professionnels au cours des 16 ou 24 mois que dure généralement le EMBA peuvent avoir des conséquences sur la vie professionnelle mais également personnelle. Le choix d’intégrer un tel cursus doit donc être une décision prise avec l’accord de son conjoint, car les impacts sont beaucoup plus fréquents que l’on ne le pense.

L’entreprise, de son côté, si elle agit intelligemment, a également tout à gagner à envoyer ses «hauts-potentiels» une fois identifiés, dans ce type de formations. Les apports des intervenants, souvent conseils de renom en parallèle de leurs activités d’enseignement ainsi que les échanges de «best practices» avec les autres auditeurs sont autant de sources de motivation et de création de valeur ajoutée pour l’Executive student et l’entreprise qui l’emploie. Cependant, gare à une mauvaise gestion à son retour de formation, car les exigences, qu’elles soient salariales ou en matière de responsabilité, vont croître. Aussi, il appartient à l’entreprise de veiller à employer «à sa juste valeur» le nouveau diplômé au risque de le voir partir à la concurrence, la clause énoncée précédemment ayant très peu de chance d’être retenue par les instances juridiques compétentes.

L’Executive DBA, modéliser son expérience et penser différemment

Réservé essentiellement aux dirigeants d’entreprise titulaires d’un MBA ou diplôme jugé équivalent et désireux de formaliser et modéliser leur expérience professionnelle tout en respectant les canons académiques, le EDBA est obtenu à l’issue d’une Thesis soutenue devant un jury composé d’académiques et de professionnels. Cette dernière doit répondre à une problématique managériale très précise et reposer sur un travail scientifique éprouvé. A ce titre, un encadrement particulier est mis en place afin de guider et accompagner le DBA student dans ses publications (articles, ouvrages, tribunes, …) sur son thème de prédilection et bien entendu dans la rédaction de sa Thesis. Ce cursus doctoral qui dure généralement trois années doit permettre à celui qui choisit de l’intégrer d’aborder des disciplines telles que l’épistémologie, l’analyse de données et la méthodologie de la recherche agrémentées de nombreux ateliers thématiques dans les domaines de la stratégie, du marketing, du management, de l’innovation, des ressources humaines, assurés par des universitaires ou des experts reconnus.

La réussite du EDBA permet d’obtenir un titre d’«Executive Doctor» et atteste donc d’une capacité à mener des études scientifiques de type «doctoral» conférant à son détenteur une expertise particulière sur un sujet spécifique et par conséquent une reconnaissance scientifique et professionnelle évidente. Attention cependant à ne pas confondre le EDBA avec le PhD. ou le Doctorat de l’Université qui ont pour vocation de former des enseignants et des chercheurs, même si le EDBA ouvre les portes de l’enseignement pour les professionnels.

La hausse de salaire pour les détenteurs du EDBA est beaucoup moins flagrante que pour le EMBA. La motivation pour suivre ce long cursus réside, en réalité, beaucoup plus dans une recherche de sens et dans le développement de nouveaux schémas de pensée que dans l’acquisition de nouvelles connaissances comme cela est le cas en EMBA. Pour un EDBA, il faut compter entre CHF 15 000 et CHF 40 000.

Accréditations et réseau, deux critères incontournables

Il faut cependant être vigilant sur les programmes proposés car EMBA et EDBA, dans la mesure où ils ne sont pas des «titres déposés», peuvent être délivrés par toute Institution de formation, les meilleures comme les pires. Aussi, avant de s’engager dans des études coûteuses financièrement et sur le plan personnel, il est nécessaire de s’assurer de certains points. Le premier est celui des accréditations dont dispose l’établissement qui diplômera. Il existe, outre la reconnaissance par la Confédération, des labels américains (AMBA et ACCSB), européens (Equis ou Epas délivrés par l’EFMD). Pour celles qui n’auraient pas (encore) ces reconnaissances, le candidat doit vérifier les associations académiques desquelles l’Ecole ou l’Université privée sélectionnée est membre (Registre Suisse des Ecoles Privées, IACBE, ACBSP…) et l’existence d’une démarche qualité reconnue en Suisse sur le plan national ou international (Eduqua ou EFQM). Enfin, avant toute inscription, il faut également vérifier les partenariats effectifs avec d’autres Institutions et valider le ranking de ces dernières car des voyages d’étude pouvant être proposés, ils n’ont pas le même effet s’il s’agit d’un top 10 ou d’une université en fin de classement.

Dernier point d’importance capitale avant de signer: le profil des enseignants et des autres auditeurs, et la présence d’Alumni, car ce sont là les seuls outils de mesure tangibles de la qualité du réseau qui sera mobilisable durant la formation et de nombreuses années après avoir été diplômé.

Publication du Prof. Gilles-Emmanuel Jacquet

Gilles-Emmanuel Jacquet, professeur de géopolitique, relations internationales et intelligence économique à l’IMSG vient de publier un ouvrage sur l’histoire du conflit moldo-transnistrien.

La République de Moldavie reste encore largement méconnue, tout comme le conflit armé qui l’opposa en 1992 à la République Moldave de Transnistrie, une entité autoproclamée et établie sur la rive orientale du Nistru/Dniestr. Le conflit moldo-transnistrien n’est pas seulement lié à l’effondrement de l’URSS, à la volonté des Moldaves d’obtenir la reconnaissance de leur langue, l’indépendance ou pour certains de se réunifier avec la Roumanie ainsi qu’au souhait des Transnistriens de préserver l’URSS puis d’obtenir leur propre indépendance mais il est aussi un héritage du passé de la région, des changements de souveraineté et de frontières, des mouvements de population qui se sont produits au cours des siècles, au gré des guerres, des occupations ou des révolutions. 

Aujourd’hui « gelé » le conflit moldo-transnistrien fait l’objet d’un long et complexe processus de négociations impliquant différents acteurs (Russie, Ukraine, États-Unis, Union Européenne, OSCE) dont les ambitions régionales sont la source de nombreuses tensions. Cet ouvrage s’intéresse à la genèse du conflit moldo-transnistrien, au conflit lui-même et aux négociations sur sa résolution à travers l’histoire de la région, son peuplement, les problématiques linguistiques ou identitaires qui y sont liées (comme celle existant au sujet des racines roumaines de la culture et de la langue moldaves) et le rôle des différents acteurs impliqués, qu’il s’agisse d’États, d’organisations régionales ou internationales, de groupes politiques locaux et de simples citoyens moldaves ou transnistriens ayant participé au conflit de 1992.

Cet ouvrage peut être commandé sur le site internet des éditions Connaissances et Savoirs ici.

Signature d’une convention entre l’armée suisse et l’IMSG

Une convention a été signée entre l’armée suisse (Formation supérieure des cadres de l’armée) et l’IMSG afin de reconnaître les compétences des officiers et sous-officiers supérieurs dans la sphère universitaire et civile. L’IMSG et son équipe sont honorés d’avoir été choisis pour participer à ce beau projet qui, outre la dimension ressources humaine qu’il incarne, permet aux citoyens-soldats de faire valoir dans un cursus universitaire leurs expériences.

Le  FSCA était représenté par le Divisionnaire Daniel Keller et le chef de projet Romandie, le Lieutenant-Colonel EMG Pascal Eggen. Le Prof. Dr. Richard Delaye-Habermacher, academic dean, le Colonel (er) Eric Nicod, responsable du développement des partenariats, le Dr. Roselyne Delaye, en charge du développement et le Capitaine Guillaume Auer, président des Alumni représentaient l’IMSG.

Il convient de remercier le Colonel EMG Pierre-Michel Auer de l’orchestration parfaite ainsi que le Prof. Dr.  Jean-Paul Vulliéty, de l’Université de Genève, le Lieutenant-Colonel Yves Bezençon, Directeur logistique du canton de GE, Monsieur Etienne Stalder et le Capitaine Diego Carrillo, membres du Comité Equimil, de leur précieuse présence.

An IMSG advertising realized by Students of the Fribourg School of Management !

Under the supervision of Dr. Julien INTARTAGLIA, students of the Fribourg School of Management carried out an advertising campaign for the International Management School Geneva.

On this occasion, Dr. Richard DELAYE-HABERMACHER, IMSG’s Academic Dean, went to Fribourg to attend the presentation of their work and was impressed by the quality of the achievements.

L’International Management School Geneva vit à l’heure de la « Route de la soie »

Renmin University of China, au travers de sa composante recherche “Pacific Economic Research Institute”, a décidé de développer un partenariat avec l’International Management School Geneva. Un accord a été signé en présence des Profs. Drs. Jian Chen et Delaye-Habermacher respectivement président et academic dean du Pacific Economic Research Institute et de l’International Management School Geneva.

Il portera sur les échanges d’enseignants et d’étudiants dans les programmes de Bachelor, Master et DBA ainsi que le développement d’actions de recherche (fondamentale ou action) respectives à destination des étudiants et salariés d’entreprises privées comme publiques. Cela passera par la création de chaires, l’organisation de «learning expeditions» et la mise en œuvre d’une politique de publication.

L’IMSG signe un accord partenarial avec la prestigieuse Académie présidentielle de Russie (RANEPA)

L’International Management School Geneva vient de franchir une nouvelle étape importante dans le développement de ses partenariats académiques internationaux en signant un accord de coopération avec l’Académie Russe d’Économie Nationale et du Service Public près le Président de la Fédération de Russie (RANEPA), représentée par son recteur, le Pr. Vladimir Aleksandrovich Maou.

Cet accord consiste à mettre en place les conditions optimales afin d’échanger étudiants et enseignants et de créer des parcours débouchant, in fine, sur des double-diplômes au profit de cadres publics et privés.

Entrent également dans le champ de ce partenariat d’exception, les échanges en matière de recherche et de publications scientifiques dans les domaines de la gestion, du management et des sciences politiques.

Entrez dans le monde de l’entreprise avec l’IMSG et le Cercle des Dirigeants d’Entreprises

L’IMSG devient membre du Cercle des Dirigeants d’Entreprises qui depuis sa création en 1984 multiplie les initiatives pour créer des liens entre les différents acteurs économiques genevois. Débats et conférences, soirées networking, visites d’entreprises, formations, tournois et rencontres avec des politiques sont au programme du Cercle des Dirigeants d’Entreprises, présidé par une femme d’exception : Mme Enza Testa Haegi .

Mardi 10 janvier 2017 – Petit-déjeuner politique de l’IMSG

Dans le cadre de son partenariat avec le Cercle des Dirigeants d’Entreprises, l’International Management School Genève vous invite à une rencontre exclusive avec M. Pierre MAUDET , Conseiller d’Etat chargé du Département de la Sécurité et de l’Economie (DSE).

Lieu : Rue François-Dussaud 17 – CH-1227, Genève à 8h00.

Pour vous inscrire : info@cupesihu.myhostpoint.ch

« Haut-potentiels », ces enfants qui souffrent dans les salles de cours – Dr. Richard Delaye

Comme nous le rappelions avec Patrice Adam dans l’ouvrage Tous talentueux :

« La gestion des “jeunes talentueux”, enfants intellectuellement précoces selon la terminologie française, doit être une préoccupation centrale tant elle est impactante à moyen ou long terme dans les organisations. Malheureusement, si de nombreux pays ont mis en application les recommandations formulées en 1994 par le Conseil de l’Europe pour éviter “de gaspiller les talents et par conséquent les ressources humaines par manque d’anticipation dans la détection des potentialités intellectuelles et autres”, bon nombre de ces jeunes potentiels – qui constituent entre 3 et 10 % de la population scolaire européenne – sont en situation d’échec et de décrochage scolaire. »

Du précoce au zèbre

Même si le terme peut induire chez l’enfant, qui, conscient de cet « avantage » mais qui ne l’utiliserait pas, une forme de pression, le terme de haut potentiel intellectuel (HPI) convient davantage à celles et ceux généralement qualifiés de précoces ou de surdoués. En outre, cette appellation montre bien qu’il s’agit d’un « potentiel » qui ne se réalisera pas obligatoirement.

Être HPI, c’est avant tout avoir un mode de pensée et une structure de pensée différents et c’est la raison pour laquelle l’enfant puis l’adulte HPI (car on le reste toute sa vie et même au-delà puisqu’il semblerait que le phénomène se transmette) peuvent rencontrer de sérieuses difficultés d’adaptation tant durant leur scolarité que dans la société en général. Il convient néanmoins de ne pas se laisser aller à la simplification car tous les HPI ne répondant pas aux mêmes traits de personnalité.

Les travaux de Betts identifient des profils en fonction de leurs comportements, attitudes, besoins, perceptions des autres et aides à leur apporter. On retrouve ainsi les « successful », « creative », « underground », « at-risk », « multi-exceptional » et « autonomous learner » chacun ayant ses spécificités propres.

Une autre approche très intéressante est celle de la psychologue clinicienne Jeanne Siaud-Facchin. La praticienne a su, à travers une métaphore pertinente, personnifier ces individus au schéma de pensée « hors de la norme » atténuant quelque peu tous les fantasmes et préjugés attachés à cette population particulière. Ainsi elle leur préfère l’appellation de « zèbre », parce qu’elle considère que « c’est un des seuls les animaux sauvages que l’homme n’a pas pu domestiquer » et que son pelage alternant les ombres et la lumière incarne entièrement son caractère : celui, paradoxal, faisant cohabiter splendeur de vivre et sentiments destructeurs voire suicidaires.

En effet, la question du suicide reste épineuse. De nombreuses études montrent que ces jeunes HPI sont davantage exposés à des syndromes majeurs dont les tendances suicidaires. La cause ? Le sentiment d’isolement souvent provoqué par une incompréhension de leurs enseignants, de leur famille mais surtout des camarades de leur âge avec lesquels ils tentent de partager des réflexions qui mettent en évidence les incohérences, les injustices d’un monde qu’on leur présente et qui ne correspond pas à leur idéalité. Lorsqu’ils s’expriment sur ces sujets « d’adultes », ils ne reçoivent pas toujours une oreille attentive et bienveillante et sont injustement jugés comme étant extravagants, décalés, voire prétentieux. En guise de retour, ce sera de l’étonnement et de la surprise dans le meilleur des cas. Sinon, ce sera de la moquerie voire une hostilité brutale.

C’est pourquoi l’incompréhension qu’ils subissent régulièrement génère une frustration qui, accompagnée d’une perte de sens rend leur construction difficile et peut vite les faire tomber dans une forme de dépression existentielle que James T. Webb décrit parfaitement bien.. Mais pour Cécile Bost, ces préoccupations existentielles les poussent également à s’investir intensément dans des activités académiques, politiques, sociales ou religieuses. Du reste, parce qu’ils sont différents, ils s’intéressent aux biographies de personnages ayant choisi de suivre des chemins « hors normes », différents… dans lesquels ils pourront s’identifier

Différents et complexes

En effet, c’est bien le mot différent qui les définit le mieux et ce n’est pas un hasard si le Dr. Revol, pédopsychiatre spécialisé dans les HPI, rappelle régulièrement que

« Les enfants précoces ne sont pas tout à fait des enfants comme les autres, mais comme les autres, ce sont des enfants. »

Il est donc réducteur de considérer le quotient intellectuel (QI) comme seul critère d’évaluation du HPI. En effet, si on s’accorde en admettant que les HPI disposent d’un QI supérieur à 130 (soit 30 points au-dessus de la moyenne, ce qui représente 2,2 % de la population (en France et en Suisse), la question est beaucoup plus complexe et nécessite une approche beaucoup plus globale, car c’est bien une pensée en arborescence doublée d’une hypersensibilité émotionnelle que nous pouvons observer. C’est la raison pour laquelle ces spécificités peuvent représenter un atout en situation de contrôle et s’avérer être un handicap lourd de conséquences pour celui ou celle qui se laisserait dépasser.

Curiosité et intuition

Les jeunes HPI connaissent beaucoup de choses et ils épatent très souvent pour leur âge. Les questions qu’ils se posent entre 12 et 15 ans, avec un langage plus élaboré que leurs camarades, pourraient être celles que se pose un adulte qui traverse la crise de l’âge mûr et ceci ne va pas sans creuser encore un peu plus le fossé avec leurs amis voire avec leur entourage. Cette curiosité quasi-maladive en fait des êtres assoiffés de connaissances en perpétuel questionnement et s’ils ne raffolent pas toujours de l’école, en tant qu’institution avec ses contraintes, ils ont une appétence toute particulière pour apprendre tout ce qui peut être appris. Mais ce qui les caractérise le plus, c’est incontestablement leurs dispositions supérieures dans l’art de relier des éléments d’apparence épars et paradoxaux ce qui leur permet d’aborder les questions d’une manière générale et globale… très gênant dans une classe à l’école ou au sein d’une équipe en entreprise.

Ces points forts ont néanmoins leur pendant. En effet, par réaction antagoniste ils s’ennuient vite et ont tendance à être très sélectifs dans leur investissement. S’ils aiment ils seront engagés plus que de mesure dans la tâche, quitte à passer pour des perfectionnistes, mais ils se lassent de celles qu’ils estiment répétitives car elles ne représentent aucune valeur ajoutée à leurs yeux.

Et toute leur vie sera ainsi rythmée. Cependant, l’utilisation permanente de l’intuition avec un sentiment renforcé de « bonne étoile » qui les guide (cf. article sur Napoléon et l’intuition) et dont ils dont usent allègrement dès leur plus jeune âge et leurs prédispositions à contourner la nécessité d’apprendre à apprendre peut faire apparaître, dans certains cas, un sérieux déficit en matière de méthode d’apprentissage ce qui peut s’avérer préjudiciable pour suivre une scolarité ou ils pourront être en échec ou ultérieurement dans le monde du travail.

Hyperesthésie et créativité

L’« exaspération des sens » (hyperesthésie) qui caractérise les HPI s’explique en partie par une vitesse neuronale supérieure à la moyenne (environ 0,05m/s de plus par point de QI supplémentaire à partir de 100). Quand on sait que le QI moyen est de 100 et que les HPI disposent généralement d’un QI de 130, c’est une vitesse augmentée de 1,5 m/s pour ces derniers. On considère qu’elle est doublée, ce qui expliquerait le sentiment de « saturation » dont font état les HPI. Cela se traduit par une impression de ne « jamais avoir l’esprit au repos » qui serait, par ailleurs, accentuée par une incapacité de réaliser un tri sélectif des informations venant de toutes parts. On observe ainsi une difficulté en matière de longue concentration sur l’essentiel ou sur une seule et unique source d’information. Cela amène à la question même du déficit de l’inhibition latente chez les HPI, même si certains spécialistes trouvent le lien non fondé scientifiquement.

Mais voilà que ce qui peut apparaître comme un handicap intervient dans un processus plus que générateur de valeur : la créativité. En effet, l’afflux dans le cerveau d’informations de toutes sortes, collectées par tous les sens en éveil des HPI qui viennent s’entrechoquer créent de nouvelles informations, images, sons ou formes. Grâce à ce foisonnement incessant, on voit naître des intuitions qui peuvent être géniales. Preuve en est, de nombreuses découvertes scientifiques sont issues de ce mode de pensée quelque peu différent des schémas traditionnels. Pour le constater, il faut lire les travaux d’Alexander et Andrew Fingelkurts (p. 22), deux chercheurs qui montrent le « lien étroit entre le facteur g de Spearman (quantité d’énergie mentale que le sujet est susceptible d’investir dans ses activités cognitives) et les fonctions du lobe frontal qui sont nécessaires à la réalisation du processus créatif et à la réflexion scientifique ».Les HPI dans l’entreprise

Souvent qualifiés « d’empêcheurs de tourner en rond », de « contestataires », de « curieux », ils ont une vie professionnelle mouvementée. En développant une confiance excessive dans leur intuition et leur infaillibilité, il est très compliqué de cohabiter avec des collègues HPI et plus particulièrement lorsque l’on est en situation de hiérarchique. Leur recherche de « mentor » est essentielle dans leurs rapports avec les autres. Mais ce dernier, qui doit être infaillible, perdra toute légitimité aux yeux de HPI dès l’apparition de la moindre faille.

Enfin, le rapport ambivalent qu’ils entretiennent avec le travail ne leur permet pas toujours de s’épanouir en entreprise. Leur quête de liberté les pousse à adopter un statut d’indépendant sans toutefois qu’ils soient assurés d’une réussite financière… mais ils sont libres et fidèles aux valeurs de l’entreprise dans laquelle ils n’entrent jamais par hasard. Ils croient aussi bien dans le produit que dans les valeurs de cette dernière car cela fait sens.

Bienveillance et absence de jugement. Comme le souligne justement dans un post Mathieu Lassagne du cabinet Coaching & Douance, bienveillance et absence de jugement seront deux grands alliés pour les managers qui encadrent des HPI. Trouver un compromis entre besoin de liberté et de sens et les exigences du service peut vraiment être bénéfique pour toutes les parties. Mais les difficultés peuvent rattraper les HPI dans leurs relations avec les autres qui peuvent s’avérer très complexes. En effet, essentiellement en recherche d’innovation et de sens du résultat, ils ont tendance à dissocier leurs performances et leurs enjeux de ceux des autres et cela pour des raisons évidentes : ils réfléchissent beaucoup plus vite que les autres membres de l’équipe et sont très sensibles aux signaux faibles.

En combinant lucidité et intuition (précédemment décrite) à cette capacité supérieure à capter les « lames de fond », on obtient un cocktail détonnant qui aboutira très souvent sur des idées et projets à forte valeur ajoutée pour l’organisation qu’ils servent. Mais leur souci majeur résidera dans la difficulté à convaincre les autres sur la base de cette même intuition. En effet, avec leur pensée en arborescence, des éléments ou des situations peuvent leur paraître logiques et faciles à aborder alors qu’il n’en est pas toujours de même pour les autres.

Une occasion de repenser l’éducation

Pour Jérôme Bondu de l’IAE de Paris, « être un haut-potentiel peut-être fatigant pour soi et pour les autres » car la recherche permanente de réponse est épuisante et nécessite la mise en place de stratégies capables de faire redescendre une pression induite par les fortes demandes de cet esprit foisonnant. Son hypersensibilité peut également l’amener à ne pas prendre la distance nécessaire à la mise en perspective des éléments positifs et négatifs ce qui l’empêche de donner du sens, d’écrire son histoire ou son chemin de vie alors éléments essentiels pour son bien-être”.

Voilà une définition qui nous montre bien que c’est dès le plus jeune âge que tout se joue et cela doit nous pousser à (re)penser notre système éducatif cloisonné et individualisant, élaboré au XIX siècle, dans le contexte du développement industriel alors que nous évoluons, aujourd’hui, dans l’ère du digital, de l’information, de la big data et du partage.

Donner du sens et apporter massivement des connaissance demeurent les piliers d’une pédagogie adaptée aux HPI, tout comme l’utilisation de méthodes inductives (Problem Based Learning ou méthode des cas). Dans le document d’aide au repérage de l’élève à haut potentiel qui sert de support au sein de l’Education nationale française, ces deux éléments sont clairement rappelés aux enseignants. Dans une même logique, les Départements de l’Instruction Publique (DIP) de Suisse Romande (canton de Genève, du Jura et de Vaud) en partenariat avec l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), une des meilleures écoles dans les classements mondiaux et européens ont mis en place l’expérience du cours Euler, qui s’étale sur 6 ans (de la 9e Harmos à la maturité). Destiné aux HPI, comme complément au cursus scolaire classique, les enseignements sont assurés par des doctorants, postdocs et chercheurs en mathématiques de l’EPFL.

Idem dans certaines écoles de la Confédération Helvétique, où des mercredis sont consacrés à « nourrir » les HPI en matières fondamentales et plus particulièrement en dans les domaines de la culture générale, des arts et de la méthode.

En observant les programmes et rythmes que suivent les élèves dans un établissement que nous connaissons particulièrement, Germaine de Staël, dirigé par Madame Eve-Marie Koehler, on comprend beaucoup mieux que ces “petits Zèbres” doivent également pouvoir bénéficier, outre des processus cognitifs innovants, d’un accompagnement spécifique avec des règles et un cadre qui doivent être cohérents, logiques et porteurs de sens. Ex-ducerer _(au sens de conduire, guider « hors de »), plutôt que former (ou formater) est sans conteste là une pierre angulaire pour amener les _HPI (et les autres) à s’épanouir et à éviter l’écueil de l’échec scolaire. Cela demande cependant d’accepter de rompre avec l e paradigme de l’éducation et de promouvoir la pensée divergente, notion chère à Sir Ken Robinson.

Bien entendu, une autre alternative demeure ; c’est l’enseignement à domicile mais elle reste difficile à mettre en œuvre.

Prof-Dr. Richard Delaye, Academic Dean